Le mot du jour

Assalam alaykoum,

Elle est la moitié de notre foi, une grande sagesse pour celui qui sait la ressentir, l'apprécier et avancer avec sa compagnie sur le sentier d'Allah; c'est aussi un grand mérite pour celui qui l'a demande...:
La patience!

# Posté le mercredi 21 mars 2007 08:20

Modifié le mercredi 21 mars 2007 09:34

DEFENDONS L'AMOUR QUE L'ON PORTE POUR NOTRE BIEN AIME PROPHETE MOHAMMED!!!

DEFENDONS L'AMOUR QUE L'ON PORTE POUR NOTRE BIEN AIME PROPHETE MOHAMMED!!!
Je vous écris pour vous faire part de mon indignation ainsi que celle de tous les musulmans qui se joignent à moi. Je suis triste de constater que dans un pays des droits de l'homme comme la France, où l'islam est la 2e religion, on puisse encore autoriser des journaux comme le votre à insulter le Prophète Mohammed. Sous couvert de la « liberté d'expression », vous osez diffuser des caricatures de notre Prophète provenant d'un journal danois désormais tristement célèbre et vous osez affirmer par la même que vous ne cherchez pas à semer le trouble !! Sachez, Monsieur, que ces caricatures avilissantes qui n'ont absolument rien de drôles, ne font qu'alimenter davantage l'islamophobie et le racisme. Car si les musulmans ont le malheur de riposter contre l'humiliation de leur Prophète et de leur religion, on déclare que ce sont des intégristes et des gens qui ne sont pas tolérants. Mais comment pourrions-nous tolérer qu'on insulte de la sorte un homme que nous considérons comme notre guide et notre exemple ? Aucun musulman ne saurait l'accepter. Ces caricatures vexantes et haineuses ont déjà créé assez de polémique sans qu'on ait besoin d'en rajouter. Et vous ne saurez nier que ces images racistes dépassent de loin la simple caricature, elles sont purement et simplement faites dans le but d'insulter et de calomnier. Elles n'ont pas de place dans un journal supposé faire de l'information. Si le but est de créer du sensationnel et du scandaleux, alors où va le journalisme sérieux d'investigation si vous le réduisez à de la presse people vulgaire ?
Suite à cela, je me pose deux questions :
- Etait-ce utile, Mr le Rédacteur en chef, de diffuser ces caricatures dans votre journal ?
- Dans quel but les avez-vous réellement diffusées ?
Je crois pour ma part qu'il n'y a aucune utilité journalistique dans le fait de diffuser de telles images. Vous ne faites pas de l'information, vous faites le jeu d'une bande de pseudo journalistes racistes qui se cachent derrière une liberté d'expression de façade. Vous leur rendez hommage en quelque sorte. Par ailleurs, je me doute que France Soir est en mal de lecteurs étant donné la crise financière qu'il traverse. Alors bien sur, nous ne somme pas dupes, il s'agit avant tout d'un « bon coup marketing ». C'est réussi, je vous félicite !
Mais laissez moi vous rappeler Mr le journaliste, qu'il existe un code déontologique de la presse et qu'on ne peut pas tout se permettre au nom de la liberté d'expression. Cette liberté est certes fondamentale mais elle s'applique à condition qu'elle ne porte pas atteinte à la dignité humaine et au respect des autres.

Vous dites aussi qu'on a le droit de rire de tout même des religions. Si cela était vrai, alors pourquoi Dieudonné a subi autant de lynchage ? Et lorsque la communauté juive s'est indignée, les a-t-on traités d'intégristes intolérants ? Sûrement pas ! La vérité est que n'importe quel croyant ne peut accepter qu'on insulte ce qu'il a de plus cher. Pour nous les musulmans, il s'agit de notre Prophète. Car si certains chrétiens font fis du respect du christianisme et trouvent drôle les insultes faites à Jésus, sachez que les musulmans ne sauraient accepter qu'on insulte quelque religion que ce soit. L'islam ne permet pas qu'on représente un Prophète encore moins pour se moquer le lui ! Qu'on adhère ou non à ce principe n'empêche pas de le respecter. Vous n'êtes pas sans savoir Monsieur le journaliste que le 1er pilier de l'islam est l'attestation de foi suivante : « Il n'y a de Dieu que Allah et Mohammed est le messager de Dieu ». Par ces caricatures, c'est notre foi que vous insultez.
Vous alimenter une controverse qui risque de prendre des proportions absurdes bien que déjà surdimensionnées. Au lieu de calmer les esprits, vous ajoutez de l'huile sur le feu ! Ce n'est pas digne d'un travail journalistique ! Non Monsieur, vous n'êtes pas digne d'un rédacteur en chef. La liberté d'expression n'est certainement pas la caricature et la bouffonnerie. La liberté d'expression, c'est avant tout peser sa parole en ayant l'honnêteté intellectuelle afin de ne pas céder à la tentation trop répandue du dénigrement.
J'ose espérer que vous respecterez mon point de vue Monsieur et sachez que les musulmans n'ont nullement besoin de vos excuses car elles n'auraient eu aucune valeur à nos yeux. Elles n'auraient su réparer le préjudice moral subi par tous les musulmans qui attestent de leur amour pour le Prophète Mohammed et qui le voient humilié et insulté. Pour le reste, nous nous en remettons à Dieu.

# Posté le vendredi 03 février 2006 05:24

Mot du jour

Mot du jour
Salam alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouhou,


Celui a qui tout appartient, qui apaise tout coeur, Miséricordieux, Juste, Le meilleur et qui ne meurt jamais: Allah

# Posté le lundi 19 septembre 2005 07:10

****Rencontre avec un SAINT SOUFI****

****Rencontre avec un SAINT SOUFI****
[littéralement "pauvres",ce terme désigne les disciples de la Voie soufie et fait référence à l'état de dépouillement intérieur du disciple][1][2][1][2][littéralement "pauvres",ce terme désigne les disciples de la Voie soufie et fait référence à l'état de dépouillement intérieur du disciple][1][2][1][2]gh. Dans ce récit, à travers mes observations, impressions, et méditations, j'ai souhaité, en tant que disciple, exprimer ce que m'a paru être le shaykh Sidi Hamza lorsque je le vis. Qu'il partage ou non les jugements que je livre et qui se révélèrent à moi dans la nudité de l'esprit, le lecteur, je l'espère, saura y déceler les accents de la sincérité.



Le voyageur qui, engagé sur cette route à une dizaine de kilomètres de Berkane (Maroc), en ressort du côté de Madagh, fait sur ce vieux chemin goudronné une surprenante rencontre. En débouchant d'un amas de vieilles maisons longeant le sentier, il trouve devant lui, dans une vaste clairière et s'élançant vers le ciel tel un château, un imposant édifice qui de loin rappelle ces mystérieux monuments tibétains.

De cette étrange bâtisse qui semble tenir là par enchantement, se dégage une impression d'élévation et de paix. Au fur et à mesure qu'il s'en approche, la fatigue du voyage se dissipe, chassée par un calme étrange, une atmosphère indicible propre aux lieux saints. Ce chemin, je l'ai parcouru à quelques jours de la fête du Mouloud (Anniversaire de la naissance du Prophète Muhammad), au moment où il n'était pas encore secoué par l'activité fébrile des pèlerins qui n'allaient pas tarder à affluer de tous les coins du pays.

Nous venions de garer la voiture. Mon sac de voyage à la main je ne cessai de scruter les hauteurs de cette bâtisse, arrêtant mon regard sur les appartements. Là réside un homme pour lequel la guérison des âmes et leur élévation est le seul but. Certains aspirent à la richesse, au pouvoir, celui-ci n'a d'autre souci que de guérir les c½urs.

Une volée de pigeons vint interrompre mes rêveries. Dans un grand bruit d'ailes ils allèrent se nicher dans des anfractuosités disposées en essaim autour des appartements du maître.

Des disciples nous accueillirent, et après nous avoir déchargés, nous invitèrent à monter. Seyid (c'est ainsi que les disciples nomment sidi Hamza) était déjà au courant de notre arrivée. Après avoir traversé une grande cour où des monceaux de briques et de ferrailles avaient été déposés pèle mêle indiquant l'imminence de travaux d'aménagement, nous empruntâmes une allée étroite qui longea les murs des cuisines et une rangée d'arbustes à travers les feuillages desquels on pouvait deviner les traces de préparatifs de la nuit du mouloud.

Tout était là : tentes, tapis mais aussi pour nous rappeler le XXe siècle un impressionnant matériel de sonorisation. Au détour, un chemin plus large nous mena à une sorte de tour qui, je ne sus pourquoi, me rappela ces donjons du Moyen-âge sous d'autres cieux.

A quelques mètres seulement avant d'y arriver, un petit escalier conduisait à une grande porte, celle de la mosquée. Un pèle mêle de fuqara [littéralement "pauvres",ce terme désigne les disciples de la Voie soufie et fait référence à l'état de dépouillement intérieur du disciple] en jaillit.

La prière de l'asr [1] venait de s'achever. Même si beaucoup d'entre eux m'étaient inconnus, je m'arrêtais pour les saluer. La politesse et le savoir vivre comptent parmi les vertus essentielles de l'éducation du maître.

Ils constituent les premières marches de l'interminable escalier qui mène le disciple sincère à la station supérieure de la réalisation spirituelle : l'Amour (al-Mahabba). De cet amour, le shaykh dit : "L'Amour (al-mahabba) est un feu ardent. Il consume tout ce qui n'est pas Dieu. Celui qui a été brûlé par le feu de l'Amour sera prémuni contre le feu de l'Enfer".

Pour commencer sur cette voie, il faut s'abstenir de juger, savoir pardonner et aimer. "Le mal est en nous" aime souvent répéter le shaykh. Tout cela fait partie de la lutte contre l'âme, la plus grande des infidèles selon le soufi andalou lbn Arabi, cette âme qui nous donne une image rassurante de nous même, qui dilate et amplifie notre ego jusqu'à la démesure et l'insolence.

Je me souviens qu'à la première rencontre déjà, le shaykh nous avait dit : " Brisez la balance ! ", c'est-à-dire notre sens du jugement, forcément relatif plus attaché aux apparences qu'à la réalité intérieure de l'être, c'est-à-dire au c½ur.

Plus tard, il nous raconta l'histoire de son shaykh Sidi Boumediene. Celui-ci avait un fils qui, un jour, irrité qu'il était par les comportements de ses coreligionnaires, lança à son père, que, selon lui, peu de gens étaient des croyants sincères. Le shaykh rétorqua : "Ainsi mon fils tu penses que tous ces gens sont vils et que toi seul est bon ! En réalité -ajouta-t-il - je ne vois que des gens bons et toi seul est vil. Hajj Muhammad, son fils, venait de perdre, sur cette voie. Il ne pouvait plus aspirer à la maîtrise spirituelle. Ce fut au propre père de Sidi Hamza, Si Abbas qui était encore son disciple, que Sidi Boumediene confia le secret (sirr) de l'éducation spirituelle.

L'escalier que nous empruntâmes ensuite mena au premier étage, à une immense salle dans laquelle le maître recevait la visite (ziyara) de nombreux pèlerins. C'est là que nous allions résider juste à côté des appartements du maître. C'était un grand privilège. A droite de l'escalier un étroit couloir au bout duquel un petit escalier de trois ou quatre marches aboutissait à une porte en bois massif verrouillée.

Un de nos accompagnateurs, frappa énergiquement et demanda d'une voix ferme qu'on nous ouvrit ; "Ce sont les fuqara de Rabat, Sidi a été prévenu de leur visite !". Je compris plus tard que ce portillon était nécessaire car il protégeait l'intimité de Seyid des débordements incontrôlés de certains pèlerins.

Deux jeunes hommes nous accueillirent dans une sorte de balcon long et large qui, par temps dégagé, offrait une superbe vue sur la zaouia [2] et sur la riche plaine de Berkane. Au bout du balcon, à gauche, une chambre, celle de Seyid. Il recevait là, à certains moments, les pèlerins et le reste du temps s'isolait avec ses compagnons les plus proches pour le dhikr ou la prière.

Mais ce jour là, le maître était sorti sur le balcon, assis dans un fauteuil, le regard absorbé par l'horizon lointain de cette plaine où, l'on pouvait aisément distinguer la ville de Berkane et au. loin les pics des montagnes des Béni Snassen.

C'est un homme, imposant, de haute stature, à la barbe blanche et très soignée. Il porte une superbe gandoura qui s'ajuste parfaitement à son grand corps et sur la tête un bonnet qui lui donne l'aspect d'un oriental. Le plus souvent c'est un turban d'un blanc éclatant. Seyid porte un soin particulier à son apparence physique et vestimentaire. Son visage est beau, éclairé par une lumière qui, à la première rencontre déjà, m'avait frappé.


A l'époque, j'avais incriminé mon imagination dont je m'étais défié instinctivement. En dépit de toutes les précautions cérébrales que j'avais héritées d'un enseignement où le scepticisme dominait, je dus reconnaître que la lumière était toujours là et qu'elle conférait à ce visage douceur et quiétude.

Le regard qu'il pose sur vous est tendre, plein de compassion et d'amour. Il faut être à son contact pour s'en apercevoir. Je ne sus comment ni pourquoi mais la vue de cet homme, dès la première rencontre déjà, éveilla en moi le souvenir et la présence de Dieu. Soudain les paroles du Prophète (sur lui le salut et la paix) résonnèrent : " Il y a des hommes qui, lorsque vous les voyez, éveillent en vous le souvenir de Dieu ". Nous le saluâmes en lui embrassant l'épaule.

Il nous jeta un rapide coup d'½il et sans tourner la tête dans notre direction, demanda après chacun d'entre nous. Je lui demandais comment allait son genou qui le faisait souffrir : " al hamdulillâh me dit-il (mieux, grâce à Dieu)". Il nous fit signe de nous asseoir en tailleur à ses côtés. Je tentai de repérer l'objet de son regard perdu dans cette plaine qui, en cette fin d'après-midi, offrait un magnifique spectacle.

Nous lui parlâmes chacun de nos activités d'enseignant. Il écoutait avec une attention rare. Mon compagnon S, toujours brûlant d'une soif d'apprendre, lui posa une question sur le livre de l'imam Al-Ghazali (Al-Munqid Min Dalâl - Erreur et Délivrance). Le maître répondit : " le "Munqid min Adalâl" c'est le shaykh (le Maître) ". Je fus pris brusquement d'un frisson qui fit se dresser mes cheveux. N'était-ce pas cela le but de ma visite, la raison de cette recherche éperdue qui me fît, une dizaine d'années plus tôt, voyager des livres soufis au désert mauritanien pensant y trouver l'homme qui saurait faire resplendir mon âme, m'indiquer "le secret qui fait polir les c½urs rouillés " ?

L'enseignement du shaykh ne se faisait pas attendre. Seyid demanda qu'on nous servit à manger, du thé, du pain, du beurre et il insista pour qu'on y joignit du miel. En un clin d'½il, une table fut dressée. Le miel était délicieux : " De leur ventre, sort une liqueur aux couleurs variées dans laquelle il y a une guérison pour les gens. Il y a vraiment là une preuve pour des gens qui réfléchissent " (Coran XVI, 69). Cette analogie entre le miel qui symbolisait la guérison des corps et le shaykh qui incarnait le remède des âmes me fit tressaillir. Le guérisseur des âmes commençait par la guérison des corps.

II demanda si on avait apprécié ce miel et ajouta : " les abeilles ne se posent que dans une ruche propre et nettoyée ", Désormais, il fallait changer de registre linguistique et adopter le code du langage symbolique, ce mode d'expression authentique qui possède davantage de sens que ce qu'il semble exprimer à première vue. N'est-il pas le langage des Prophètes et des saints, le seul qui peut élever l'homme au dessus de lui même, et lui faire percevoir les réalités transcendantes de l'âme ?

La ruche ici est bien sûr le c½ur et les abeilles, les lumières divines qui ne se posent que dans un c½ur assaini de ses maladies. Ah, les maladies de l'âme ! L'insouciance, la nonchalance dans les devoirs religieux, l'orgueil, la concupiscence, l'avarice, la médisance, l'estime pour soi même, la convoitise... la liste est longue !

Face au shaykh, le c½ur se trahit, les erreurs passées commencent à se manifester à l'insu de toute volonté. On raconte qu'à l'approche de la mort, le mourant voit sa vie passée défiler. Le Coran retentit : " Ce jour-là, Nous scellerons leurs bouches, tandis que leurs mains Nous parleront et que leurs jambes témoigneront de ce qu 'ils avaient accompli " (XXXVI, 65).

Le soleil disparaissait progressivement. Les jeunes gens aidèrent doucement le shaykh à se lever pour rentrer dans sa chambre. Un grand lit l'attendait. Il s'y assit en tailleur soutenu par des oreillers que tout autour de lui on avait posés et qui lui servaient aussi d'accoudoir. A même le sol et disposées en cercle, des banquettes où s'étaient installés les proches fuqara du shaykh. Nous les saluâmes en inclinant légèrement le buste et nous allâmes discrètement nous asseoir dans le coin de la pièce.

Ces proches du shaykh sont des personnages fascinants. J'eus l'occasion plus tard de mieux les connaître. Pour l'instant, ils m'offraient un spectacle unique de recueillement et de méditation. Egrainant lentement leur chapelet, rien ne semblait les distraire. Ainsi devaient être les compagnons des Prophètes dépeints dans la tradition abrahamique.

Dehors, certains visiteurs venus de loin attendaient la permission de voir et de saluer le shaykh. Ce furent les derniers pour ce soir. Après s'être déchaussés, un groupe de cinq personnes pénétrèrent dans la pièce où nous étions. L'un d'entre eux marqua un instant d'arrêt et en jetant au shaykh un regard d'émerveillement lança un cri qui, presque entièrement, me souleva : "Allah (Dieu)" dit-il par deux fois. "Al-Habib (le Bien-Aimé) " dira un autre.

S'avançant doucement vers le lit, ils s'agenouillèrent en signe de respect, baisèrent le genou du shaykh et s'assirent par terre, sur le tapis. Un des disciples s'approcha du shaykh, les autres, légèrement, reculèrent. Je sus qu'il s 'agissait là d'une conversation intime. Ce disciple, d'un air grave, chuchota quelque chose à l'oreille du shaykh qui s'était incliné. Seyid redressa la tête puis à nouveau se pencha et lança quelques paroles en direction de son interlocuteur. Un ineffable sourire de satisfaction illumina la face du disciple. Le problème semblait avoir trouvé un heureux dénouement.

Toujours cette écoute et cette attention si forte. Je ne pus m'empêcher de penser une fois de plus au Prophète. Voici ce qu'en dit la tradition rappelée par Dinet dans son émouvante biographie de Seyidna Muhammad (sur lui le salut et la paix) : " Lorsqu'un solliciteur cherchait à approcher ses lèvres de son oreille, pour lui parler en secret, il se tenait penché vers lui jusqu 'à ce que l'autre eût terminé. Et jamais il ne retira sa main le premier, lorsqu'un visiteur l'avait prise ; il attendait que celui-ci retirât la sienne, de son propre mouvement... "

Nous avions nous aussi, poussés par je ne sais quelle force, sorti nos chapelets. Et en ne détachant nullement notre regard du visage éclairé du shaykh nous commençâmes à psalmodier le " lâ ilâha illâ' llâh " (Il n'y a de divinité que Dieu) et continuâmes pendant des heures.

Le shaykh assis sur son lit, un chapelet à la main, les yeux fermés comme s'il somnolait, offrait l'image la plus pure de l'adoration. Jamais, je n'avais senti avec autant de force ce silence sublime de la prière.

De temps en temps le shaykh interrompait sa psalmodie silencieuse et se tournant vers un de ses faqir lui demandait : " Raconte-nous cette drôle d'histoire qui t'est arrivée dans le souk de Berkane ! ". C'était l'occasion de voir, sur tous ces visages absorbés par le dhikr ("Souvenir de Dieu"), un amusement contenu.

Le shaykh est un homme assez jovial et doté d'un grand sens de l'humour. Je me souvins qu'à notre première rencontre, un an plus tôt, il m'avait donné l'image d'un homme gai. Il s'était d'ailleurs excusé en nous expliquant qu'il aimait rire et nous avait demandé de bien vouloir l'accepter ainsi.

Toute cette joie ne faisait pas pour autant arrêter le mouvement continu des chapelets. On pouvait rire sans oublier Dieu. Il me paraissait surprenant de constater qu' avec cet homme, il était tout aussi possible de profiter des enseignements spirituels les plus profonds que de converser comme le feraient deux amis, sur des sujets empruntés à la quotidienneté la plus banale. En réalité, et même dans ce cas, ainsi que je m'en rendis compte plus tard, l'éducation spirituelle était à l'½uvre. "Les saints, dit le shaykh, ne sortent jamais de l'allusion".

Quatre heures du matin, la voix du muezzin s'éleva soudain, forte et belle à la fois. C'était l'appel à la prière de l'aube. Le shaykh demanda à mon compagnon de diriger la prière à laquelle une dizaine de personnes s'était jointe. Le shaykh fit sa prière assis en raison d'une douleur persistante au genou. Légèrement décalé sur la droite il offrait l'image la plus saisissante de la foi. Sa posture comme ses mouvements dans la prière sont d'une élégance que seuls les amoureux de Dieu possèdent. Sa gandoura noire s'harmonise superbement avec un bonnet couleur brique. Quelque chose rayonne de cet homme au point que si on était subitement plongé dans l'obscurité, sa silhouette finirait par indiquer la direction de la prière.

Nous nous retrouvions une fois encore après la prière engagés dans le mouvement ininterrompu de notre chapelet. Le temps semblait suspendu. Je ne ressentais aucune fatigue. Et pourtant, en temps normal, il m'arrive rarement de me coucher après minuit. Mais, cette nuit, où se trouvait la normalité ?

Cette énergie qui allait me conduire, pendant une dizaine de jours, à tenir ce rythme était inouïe. On m'avait raconté que le shaykh ne dormait presque pas. A l'époque, j'avais douté. Je prenais conscience maintenant à quel point cet homme s'était affranchi des lois de la biologie. En dix jours passés en sa compagnie et ne le quittant que vers six heures du matin pour trois à quatre heures de sommeil, je ne l'avais jamais vu dormir. Même quand il semblait parfois s'assoupir, ses lèvres remuaient inlassablement, psalmodiant le dhikr.

Parfois, vers cinq ou six heures du matin, la tête penchée en arrière, il interrompait soudainement son léger ronflement pour s'enquérir de notre état :
" Ne voulez-vous pas aller dormir ? "
" Pas encore Sidi ! " répondait-on dans un effort désespéré pour lui signifier fièrement notre résistance. Je compris progressivement que cette proximité dont il voulait nous faire profiter au maximum était un renforcement, une éducation par laquelle nous accumulions de l'énergie spirituelle et au moyen de laquelle nous nous purifions.

Par sa seule présence le saint comme le Prophète est une guérison des c½urs. L'Imam Ali Abi Talib ne disait-il pas du Prophète (sur lui la paix et le salut) : "le Prophète était comme un médecin couvant ses malades". Le shaykh a l'habitude de dire : "La proximité élimine la souillure" (al qorb kaymhi attalawut).

L'importance de la ziyara (la visite et la proximité du shaykh) se révélait progressivement sous un jour nouveau. Cet homme vit par, pour et avec Dieu. Toute son existence procède du souvenir constant de Dieu. Il faut avoir vécu cette proximité pour se rendre compte de ce que l'écrit est impuissant à communiquer.


*Rachid Hamimaz est disciple de sidi Hamza al Qadiri al Boutchichi. Plus d'infos sur www.tariqa.org



[1] 3ème prière de la journée

[2] lieu où se réunissent les disciples pour leurs pratiques

# Posté le lundi 19 septembre 2005 07:02

Une mère

Une mère
-Une mère a droit au respect, si tu savais comment son droit est grand,
-Tous les efforts pour lui être reconnaissant ou lui donner réponse sur ce qu'elle a fait pour toi, sera très peu en comparaison aux grands services que ta mère a fait pour toi,
-Combien de nuit, elle a tenu la douleur a cause du poid d'avoir porter ton foetus,
-Elle pleurait en elle même a cause de tenir la douleur, quelques fois elle gémissait d'une voix faible et quelques fois elle criyait,
-Et quand, elle accoucha, si tu savais comment est le poid de la charge de cette condition, et a cause de cette condition, lourde et difficile, a ce moment la comme si son âme s'envola,
-Et combien de fois, elle t'a lavé de ta saleté même avec sa main droite,
-Et il n'y avait pas le bercement d'une mère pour toi sauf que d'être comme un lit confortable,
-Et ta mère était toujour prête pour toi, a te donné quelques chose ce que tu demandais, avec son propre effort,
-Et le sein de ta mère était toujour prêt pour toi, pour de donner du lait, n'importe quand tu voulais,
-Une mère a souvent faim, a cause elle donne priorite pour te nourrir,
-Tout cela, ce qu'elle a fait pour toi, c'est a cause de l'amour d'une mère et toi, tu étais petit, quand elle a fait cela,
Donc, c'est malheureux et humilliant, pour quelqu'un qui a le cerveau normal d'être infidèle enver sa mère,
-Et c'est malheureux et humilliant, pour quelqu'un qui a le coeur aveugle alors qui n'est pas aveugle, d'être infidèle enver sa mère,
-Donc cherche et sois content de demander le doa d'une mère,
-Car tu as vraiment besoin du doa d'une mère
OUI
En souvenir de ma mère qui vient de mourir.

# Posté le lundi 19 septembre 2005 06:58